
Elle chercha d’abord à capter la physionomie de celui qui s’intéressait à son postérieur dans la vitre isolant une admirable péripatéticienne travestie en dompteuse (bottes noires très montantes, culotte noire très menue, veste rouge à brandebourgs très ouverte). Elle décela confusément un visage jeune de S.S. au crâne rasé, porteur de lunettes sombres. Jusqu’alors elle n’avait accordé ses faveurs qu’à des hommes plutôt débonnaires, ou à des galantins pour noces et banquets. L’aspect du personnage lui intimida le glandulaire. Cet être athlétique et froid avait un aspect un peu sadique qui inquiétait et troublait à la fois.
Comme elle ne le rebuffait pas, l’homme accentua ses avances. Ce furent ses deux larges mains qui se plaquèrent sur le michier de madame l’épouse du ministre. Elles les caressaient en décrivant des cercles symétriques pour se rejoindre au bas de la raie médiane. Et là, les deux pouces prenaient leur autonomie par rapport au reste des mains, leur conformation se prêtant à la chose, et montraient des intentions parasitaires certaines. Il y avait de la technique dans la manœuvre, elle faisait bien augurer de la suite possible des événements.
La dame en rose tourna le plus possible la tête en arrière pour rencontrer le regard du polisson afin d’y lire ses intentions. Il pouvait s’agir d’un simple touche-à-tout, comme il en est dans les rassemblements humains et qui font avec leurs mains ou leur sexe des promesses qui restent sans lendemain. Mais les verres des lunettes étaient si foncés qu’elle n’y apercevait que son propre reflet. Cela dit, l’homme lui décocha un léger sourire.
L’arrivante y répondit spontanément.
— Vous aimeriez visiter l’un de ces studios ? demanda-t-il avec un fort accent du genre germanique.
