Une réponse plaisante parut à Genève dans le numéro de février des Bulletins de la Société Géographique; elle raillait spirituellement la Société Royale de Londres, le Traveller’s club et l’esturgeon phénoménal.


Mais M. Petermann, dans ses Mittheilungen, publiés à Gotha, réduisit au silence le plus absolu le journal de Genève. M. Petermann connaissait personnellement le docteur Fergusson, et se rendait garant de l’intrépidité de son audacieux ami.


Bientôt d’ailleurs le doute ne fut plus possible; les préparatifs du voyage se faisaient à Londres; les fabriques de Lyon avaient reçu une commande importante de taffetas pour la construction de l’aérostat; enfin le gouvernement britannique mettait à la disposition du docteur le transport le Resolute, capitaine Pennet.


Aussitôt mille encouragements se firent jour, mille félicitations éclatèrent. Les détails de l’entreprise parurent tout au long dans les Bulletins de la Société Géographique de Paris; un article remarquable fut imprimé dans les Nouvelles Annales des voyages, de la géographie, de l’histoire et de l’archéologie de M. V. -A. Malte-Brun; un travail minutieux publié dans Zeitschrift für Allgemeine Erdkunde, par le docteur W. Koner, démontra victorieusement la possibilité du voyage, ses chances de succès, la nature des obstacles, les immenses avantages du mode de locomotion par la voie aérienne; il blâma seulement le point de départ; il indiquait plutôt Masuah, petit port de l’Abyssinie, d’où James Bruce, en 1768, s’était élancé à la recherche des sources du Nil. D’ailleurs il admirait sans réserve cet esprit énergique du docteur Fergusson, et ce cœur couvert d’un triple airain qui concevait et tentait un pareil voyage.


Le North American Review ne vit pas sans déplaisir une telle gloire réservée à l’Angleterre; il tourna la proposition du docteur en plaisanterie, et l’engagea à pousser jusqu’en Amérique, pendant qu’il serait en si bon chemin.



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