
— Bon, bon, fit à haute voix David sur un ton conciliant. Voilà comment nous allons procéder. Vous allez me passer vos vêtements par l’entrebâillement de la porte de la salle d’eau…
Elle avait l’air aussi méfiant que le Dr Coob quand une délégation terrienne se présentait dans l’intention d’« inspecter » la colonie…
— …Et je les mettrai dans le nettoyeur. Après, je sortirai et je plongerai dans la mare.
— Tout nu ?
— Si ça peut vous faire plaisir, je garderai mon short. Mais vous me permettrez quand même d’enlever mes bottes, j’espère ? Les types de la protection de l’environnement font une vraie maladie quand on se baigne avec des chaussures pleines de boue.
— D’accord, fit la jeune fille toujours réticente.
— Je me passerai au vibrateur dehors et je piquerai une tête. Quand vous serez prête, vous n’aurez qu’à crier. Je tournerai la tête, je fermerai les yeux, je me boucherai les oreilles et je disparaîtrai sous l’eau. Ça vous va ? Et ensuite, quand vous serez entrée à votre tour dans l’eau et si je ne me suis pas noyé, nous nous octroierons une agréable et réconfortante baignade. L’eau est toujours chaude, vous savez. Et je ne m’approcherai pas à moins de deux cents mètres. Cela vous convient-il ?
Evelyn sentit qu’un sourire lui retroussait les lèvres.
— Cette mare n’a pas deux cents mètres de large.
— Enfin, je ferai de mon mieux.
Il a l’air terriblement sincère !
— Ce n’est pas que j’aie l’intention de faire dans la pudibonderie mais, chez nous, on ne se baigne pas tout nu avec des gens qu’on ne connaît pas.
— À chacun ses coutumes. Ici, tout le monde se baigne nu. Je n’avais pas pensé que cela vous choquerait.
Se sentant un peu gourde mais encore remplie d’appréhension, Evelyn s’enferma dans la salle d’eau et commença à ôter ses vêtements imprégnés de sueur. Est-ce que ce sont ses scrupules ou les miens qui me gênent ?
