
(Les clameurs guerrières recommencent: Marcius charge les Volsques et les poursuit jusqu’aux portes de la ville.)
– Voilà les portes qui s’ouvrent. – Maintenant secondez-moi en braves. C’est pour les vainqueurs que la fortune élargit l’entrée de la ville, et non pour les fuyards: regardez-moi, imitez-moi.
(Il passe les portes et elles se ferment sur lui.)
UN PREMIER SOLDAT. – Audace de fou! Ce ne sera pas moi!
– UN SECOND SOLDAT. – Ni moi.
TROISIÈME SOLDAT. – Vois, les portes se ferment sur lui.
(Les cris continuent.)
TOUS. – Le voilà pris, je le garantis.
TITUS LARTIUS parait. – Marcius! qu’est-il devenu?
TOUS. – Il est mort, seigneur; il n’en faut pas douter.
PREMIER SOLDAT. – Il était sur les talons des fuyards et il est entré dans la ville avec eux. Aussitôt les portes se sont refermées; et il est dans Corioles, seul contre tous ses habitants.
LARTIUS. – Ô mon brave compagnon! plus brave que l’insensible acier de son épée; quand elle plie, il tient bon. Ils n’ont pas osé te suivre, Marcius! – Un diamant de ta grosseur serait moins précieux que toi. Tu étais un guerrier accompli, égal aux vœux de Caton même. Terrible et redoutable, non-seulement dans les coups que tu portais; mais ton farouche regard et le son foudroyant de ta voix faisaient frissonner les ennemis comme si l’univers agité par la fièvre eût tremblé.
(Marcius paraît sanglant, et poursuivi par l’ennemi.)
PREMIER SOLDAT. – Voyez, seigneur. LARTIUS. – Oh! c’est Marcius: courons le sauver ou périr tous avec lui.
(Ils combattent et entrent tous dans la ville.)
