
Des libellules miniatures avaient fourni un prototype idéal à ces minuscules engins aussi agiles qu‘efficaces. Le modèle PH2 que Delta 2 faisait actuellement voler ne mesurait qu‘un centimètre de long – la taille d‘un gros moustique – et avait été doté d‘une double paire d‘ailes de silicone transparentes et articulées, ce qui lui conférait, en vol, une mobilité et une efficacité hors pair.
Le système de ravitaillement de cette libellule mécanique avait constitué une autre percée spectaculaire. Le premier prototype ne pouvait recharger ses batteries qu‘en se tenant à la verticale d‘une source de lumière brillante, ce qui n‘en faisait pas un appareil idéal pour des surveillances furtives ou en site obscur. Les prototypes les plus récents, en revanche, pouvaient recharger leurs batteries simplement en se posant à quelques centimètres
d‘un
champ
magnétique.
Heureusement,
aujourd‘hui, on trouve des champs magnétiques à peu près partout : prises électriques, écrans d‘ordinateurs, moteurs électriques, haut-parleurs, téléphones portables... Bref, il n‘y a plus aucune difficulté à trouver une station de ravitaillement.
Une fois que le microrobot a été introduit avec succès dans un lieu, il peut transmettre presque indéfiniment des signaux audio
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et vidéo. Le microrobot de la Force Delta transmettait depuis plus d‘une semaine maintenant sans le moindre pépin.
Le PH2 était suspendu en l‘air dans l‘immense salle centrale de la station, tel un insecte survolant le tréfonds d‘une sombre caverne. Il décrivait des cercles silencieux au-dessus des occupants, qui ne soupçonnaient pas sa présence, et dont il retransmettait
