— Oui. Mais c’est Walt Becker qui est chargé de l’enquête. Il savait que je cherchais Kenny et a pensé que ça m’intéresserait.

On mastiqua tous deux nos beignets.

— Alors, que s’est-il passé ?

Dans le bureau, un photographe de l’identité criminelle remplissait son office. Deux auxiliaires médicaux semblaient pressés d’emballer le cadavre et de mettre les bouts.

Morelli observait la scène à travers le double vitrage.

— Le médecin légiste situe le décès aux environs de six heures et demie. Autrement dit, l’heure d’ouverture. Apparemment, quelqu’un est entré et l’a flingué. Trois balles en plein visage tirées à bout portant. Pas de trace de vol. Tiroir-caisse intact. Pas de témoins jusqu’à maintenant.

— Un contrat ?

— Ça m’en a tout l’air.

— Ce garage faisait un trafic de plaques minéralogiques ? Dealait de la drogue ?

— Pas que je sache.

— C’est peut-être une vengeance personnelle. Peut-être qu’il se tapait la femme de quelqu’un. Peut-être qu’il avait des dettes.

— Peut-être.

— Peut-être que Kenny est revenu pour le faire taire.

Morelli ne bougeait pas d’un pouce.

— Peut-être.

— Tu crois que Kenny serait capable de faire ça ?

Morelli haussa les épaules.

— Difficile de dire ce dont Kenny serait capable.

— Tu as vérifié le numéro de la voiture d’hier soir ?

— Ouais. Elle appartient à mon cousin Léo.

Je lui lançai un regard surpris et interrogateur.

— On est une famille étendue, dit-il. J’ai un peu pris mes distances.

— Tu vas aller lui parler ?

— Dès que je serai parti d’ici.

Je bus quelques gorgées de café brûlant et surpris le regard de Morelli scotché à mon gobelet en plastique.

— Mais avant, tu as envie d’un bon café bien chaud, c’est ça ? lui dis-je.

— Je serais prêt à tuer pour du café.



13 из 275