
« Tu vois à quel point je te fais confiance, Feyd, dit le Baron. Jamais le moindre mot de tout ceci ne doit parvenir à quelque autre Grande Maison, sinon le Landsraad tout entier pourrait bien s’unir contre la Maison Impériale et ce serait le chaos. »
« Le point important est le suivant, dit Piter. Puisque l’on se servira de ma Maison de Harkonnens pour exécuter la vilaine besogne de l’Empire, celle-ci bénéficiera d’un avantage certain. Avantage dangereux, bien sûr, mais qui, utilisé avec prudence, rendra les Harkonnens plus riches que toute autre Maison de l’Empire. »
« Tu ne saurais avoir la moindre idée des richesses qui sont un jeu, Feyd, dit le Baron. Même dans tes rêves les plus démentiels. Et, avant tout, nous nous assurerons pour toujours un directoire de la CHOM. »
Feyd-Rautha hocha la tête. Seule la richesse comptait. Et la compagnie CHOM était la clé de la richesse. Chaque Maison Noble puisait dans les coffres de la compagnie, quand elle en éprouvait le besoin, et sous la contrôle des directoires de la CHOM étaient la preuve évidente de la puissance à l’intérieur de l’Imperium ; ils changeaient au gré des votes du Landsraad qui, dans son ensemble, s’opposait à l’Empereur et à ceux qui le soutenaient.
« Le Duc Leto, dit Piter, pourrait essayer de rejoindre ces canailles de Fremens qui vivent au seuil du désert. A moins qu’il ne préfère réserver ce refuge imaginaire à sa famille. Mais cette issue lui est fermée par l’un des agents de Sa Majesté, cet écologiste planétaire dont vous devez vous souvenir : Kynes. »
« Feyd s’en souvient, dit le Baron. Continue. »
« Sottises, Baron ! »
« Continue, c’est un ordre ! »
Le Mentat haussa les épaules. « Si tout se déroule selon les prévisions, le Maison des Harkonnens jouira d’un sous-fief sur Arrakis d’ici à une année standard.
