
Robert A. Heinlein
Étoiles, garde-à-vous !
Au « juteux » Arthur George Smith, soldat, citoyen, homme de science, et à tous les adjudants de tous les temps qui ont œuvré pour faire de jeunes garçons des hommes.
R. A. H.
Le traducteur et les éditions « J’ai Lu » remercient M. Guy Béart de les avoir aimablement autorisés à reprendre, pour le présent ouvrage, le titre d’une de ses chansons.
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En avant, tas de babouins ! Vous vous croyez immortels ?
A chaque fois, avant de sauter, j’ai les chocottes. J’ai eu droit à la préparation hypnotique et à toutes les injections et, raisonnablement, on pourrait penser que je ne peux pas avoir peur. Le psychiatre du vaisseau, qui a analysé mes ondes cérébrales et qui m’a posé des tas de questions idiotes pendant que je dormais, m’a dit que ça n’a rien à voir avec la peur, que c’est un peu comme le tremblement d’un cheval de course dans le starting-gate.
Pour ça, je ne peux pas dire. Je n’ai jamais été dans la peau d’un cheval de course. Ça ne change rien : j’ai bêtement la trouille, chaque fois.
A moins 30, on était entassés dans la chambre de saut du Rodger Young et c’est là que notre chef de section nous a passés en revue. D’habitude, c’était le lieutenant Rasczak, mais il s’était fait avoir au dernier saut et c’est l’adjudant Jelal qui le remplaçait. Jelly était un Finno turc d’Iskander, dans le système de Proxima. Un type râblé et noiraud qui avait la tête d’un prêtre. Je l’avais vu régler leur compte à deux soldats qui piquaient une crise. Les types étaient tellement plus grands que lui qu’il avait dû lever les mains pour les empoigner. Il leur avait fait cogner la tête, comme deux noix de coco, et il avait juste reculé d’un pas comme ça, pendant que les deux types s’écroulaient.
