
Ça n’aurait pas été du goût du lieutenant. Vous avez un boulot à faire, c’est tout. Alors vous sautez, vous le faites, vous ouvrez bien grand vos oreilles et, quand je vous rappelle, vous vous pointez pour rembarquer en vitesse et en ordre. C’est vu ? (Une fois encore, il promena sur nous son regard méchant :) Vous êtes censés connaître le plan d’attaque, mais certains d’entre vous n’ont même pas assez de cervelle pour l’hypno, alors je vais vous refaire un topo. Vous allez être largués en tirailleurs, sur deux lignes, à intervalle de deux mille mètres. Dès que vous touchez le sol, vous prenez vos repères et vos distances sur moi et sur les gars de votre peloton, des deux côtés. Vous vous planquez. Ça fera déjà dix secondes de perdues et vous n’aurez qu’une chose à faire : bousiller tout ce qui se trouvera à votre portée jusqu’à ce que les types de flanc décrochent.
(C’était de moi dont il était question. En tant qu’adjoint au chef de groupe, je me trouverais sur le flanc gauche, sans personne sur qui m’appuyer. C’est là que je me suis mis à trembler vraiment.)
— Quand les flancs-gardes auront décroché – redressez l’alignement ! — vous me rectifierez les intervalles ! Vous ne ferez que ça ! Vous aurez douze secondes. Puis vous progresserez par bonds, pair et impair. Les adjoints de groupes donneront la cadence et c’est eux qui dirigeront le bouclage. (Cette fois, il me regarda directement :) Si tout se passe correctement, et j’en doute, les flancs-gardes feront la jonction au moment du rappel. Ensuite, tout le monde à bord. Des questions ?