
— Johnnie… (sa voix était calme :) c’est ton premier saut en tant que sous-off…
— Oui.
Bien sûr, je n’étais pas plus sous-off que Jelly était officier.
— Ecoute-moi, Johnnie. N’en fais pas trop. Tu connais ton boulot. Fais-le. N’essaie pas de décrocher une médaille.
— Merci, Padre. Je n’en ai pas l’intention.
Il a ajouté quelque chose dans une langue que je ne connaissais pas, puis il m’a tapoté l’épaule avant de retourner vers son groupe. Jelly a gueulé :
— Gaarde…VOUS !
— SceecTION ! ont lancé en écho Migliaccio et Johnson.
— A vos groupes !
— Par groupes… Bâbord et tribord ! Préparez-vous à sauter !
— A vos capsules ! En avant !
— PeloooTON !
Les gars du quatrième et du cinquième peloton ont pris leurs capsules et ont filé dans le tube d’éjection. C’était mon tour. Ma capsule était en place au sabord. Je me suis glissé dedans en me demandant si les anciens, les vieux durs du Cheval de Troie avaient tremblé autant que moi. Est-ce que j’étais un cas spécial ? Jelly vérifiait lui-même toutes les fermetures. Au moment de boucler ma capsule, il s’est penché et m’a dit :
— Ne fais pas le crétin, Johnnie. C’est un exercice.
Le capot rabattu, je me suis retrouvé tout seul. Un exercice… Tu parles ! Je tremblais tellement que j’avais du mal à contrôler mes gestes.
Dans mes écouteurs, j’ai entendu la douce voix de Jelly sur la ligne générale du tube :
— Ici la passerelle ! Pour toutes les Têtes Dures de Rasczak… Paré à sauter !
Et puis la voix tant chérie, la belle voix de contralto du commandant du vaisseau :
