
De l’Aigle percé d’une flèche.
Un Aigle s’arracha quelques plumes et les laissa tomber à terre. Un chasseur les ramassa, ensuite il les ajusta au bout d’une flèche, et de cette même flèche perça l’Aigle. – Hélas! disait l’Oiseau comme il était sur le point d’expirer, je mourrais avec moins de regret, si je n’avais été moi-même, par mon imprudence, la première cause de ma mort. -
Du Milan.
Le Milan eut autrefois la voix fort différente de celle qu’il a maintenant. Voici par quelle aventure; d’agréable qu’elle était, elle devint par l’imprudence de cet Oiseau, très-déplaisante. Un jour il entendit un Cheval qui hennissait: alors il se mit en tête de hennir comme lui; mais quelque peine qu’il se donnât pour y parvenir, il n’en put jamais venir à bout. Le mal fut qu’à force de vouloir contrefaire la voix du Cheval, il gâta la sienne, et s’enroua si fort, qu’il ne fit plus entendre qu’un cri rauque et effrayant.
D’une Femme.
Une Femme avait un ivrogne pour Mari. Voulant le délivrer de ce vice, elle imagina la ruse que voici. Quand elle le vit alourdi par l’excès de la boisson et insensible comme un mort, elle le prit sur ses épaules, l’emporta et le déposa au cimetière, puis elle partit. Quand elle pensa qu’il avait repris ses sens, elle revint au cimetière et heurta à la porte. L’ivrogne dit: – Qui frappe? – La Femme répondit: – C’est moi, celui qui porte à manger aux morts.
