On l’interrogea avec beaucoup de courtoisie. Tout cela était extrêmement civilisé. Il expliqua qu’il venait de la planète Synnax ; qu’il avait suivi les cours de tel et tel collège et avait passé son doctorat de mathématiques à telle date. Il dit qu’il avait demandé à être employé au projet du docteur Seldon, et que sa candidature avait été acceptée. Il répéta inlassablement ces détails ; et, invariablement, on en revenait à ce projet Seldon. Comment en avait-il entendu parler, quelles devaient être ses fonctions, quelles instructions secrètes avait-il reçues, de quoi s’agissait-il en fait ?

Il répondit qu’il n’en savait rien. Il n’avait reçu aucune instruction secrète. Il était un savant et un mathématicien. Il ne s’intéressait pas à la politique.

Pour finir, l’homme qui l’interrogeait demanda doucement :

« Quand Trantor sera-t-elle détruite ?

— Je ne saurais vous le dire, bredouilla Gaal.

— Quelqu’un d’autre pourrait-il le dire ?

— Comment pourrais-je affirmer une chose pareille pour quelqu’un d’autre ? » Il sentait la sueur perler à son front.

« Quelqu’un vous a-t-il parlé de cette destruction ? demanda l’interrogateur. Vous a-t-on cité une date ? » Et comme le jeune homme hésitait, l’autre reprit : « Vous avez été suivi, docteur. Nous étions à l’astroport quand vous êtes arrivé ; nous avions quelqu’un sur la tour d’observation ; et, bien entendu, nous avons pu surprendre votre conversation avec le docteur Seldon.

— Dans ce cas, dit Gaal, vous connaissez son opinion sur cette question.

— C’est possible. Mais nous aimerions vous entendre la répéter.

— Il pense que Trantor risque d’être anéantie d’ici cinq siècles.

— Il l’a prouvé… mathématiquement ?

— Oui, répliqua Gaal d’un ton de défi.

— Vous estimez, je suppose, que ces… calculs sont valables ?

— Ils sont certainement valables s’ils sont l’œuvre du docteur Seldon.



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