
Il répondit qu’il n’en savait rien. Il n’avait reçu aucune instruction secrète. Il était un savant et un mathématicien. Il ne s’intéressait pas à la politique.
Pour finir, l’homme qui l’interrogeait demanda doucement :
« Quand Trantor sera-t-elle détruite ?
— Je ne saurais vous le dire, bredouilla Gaal.
— Quelqu’un d’autre pourrait-il le dire ?
— Comment pourrais-je affirmer une chose pareille pour quelqu’un d’autre ? » Il sentait la sueur perler à son front.
« Quelqu’un vous a-t-il parlé de cette destruction ? demanda l’interrogateur. Vous a-t-on cité une date ? » Et comme le jeune homme hésitait, l’autre reprit : « Vous avez été suivi, docteur. Nous étions à l’astroport quand vous êtes arrivé ; nous avions quelqu’un sur la tour d’observation ; et, bien entendu, nous avons pu surprendre votre conversation avec le docteur Seldon.
— Dans ce cas, dit Gaal, vous connaissez son opinion sur cette question.
— C’est possible. Mais nous aimerions vous entendre la répéter.
— Il pense que Trantor risque d’être anéantie d’ici cinq siècles.
— Il l’a prouvé… mathématiquement ?
— Oui, répliqua Gaal d’un ton de défi.
— Vous estimez, je suppose, que ces… calculs sont valables ?
— Ils sont certainement valables s’ils sont l’œuvre du docteur Seldon.
