Il s’arrêta sur les degrés, ignorant les autres membres du gouvernement, ceux des médias ainsi que tous ces gens de la bonne société qui avaient resquillé une invitation pour assister au retour de Seldon (ou tout au moins, de son image).

Tous ces gens descendaient les marches, bavardant, riant et se félicitant de l’ordre des choses, ravis qu’ils étaient de l’approbation de Seldon.

Trevize s’était à présent immobilisé, laissant la foule le dépasser. Compor qui avait deux marches d’avance s’arrêta – comme si se tendait entre eux quelque invisible filin. Il dit : « Alors, tu viens ?

— Il n’y a pas le feu. Ils ne vont pas commencer la réunion du Conseil avant que le Maire Branno n’ait d’abord résumé la situation sur ce ton plat et saccadé dont elle est coutumière… et comme je ne suis pas pressé d’endurer encore un discours pesant… Regarde plutôt la ville !

— Je la vois. Je l’ai vue hier aussi.

— Oui, mais l’imagines-tu il y a cinq cents ans, lors de sa fondation ?

— Quatre cent quatre-vingt-dix-huit, corrigea machinalement Compor. C’est dans deux ans qu’ils fêteront son demi-millénaire et sans doute le Maire Branno sera-t-elle encore en poste à l’époque – sauf événements, espérons-le, extrêmement improbables.

— Espérons-le, répéta sèchement Trevize. Mais à quoi ressemblait-elle il y a cinq cents ans, lorsqu’elle fut fondée ? Une simple cité ! Une petite cité abritant un groupe d’hommes occupés à préparer une encyclopédie qui ne devait jamais être achevée !

— Mais si.

— Veux-tu parler de l’Encyclopædia Galactica que nous avons aujourd’hui ? Celle que nous connaissons n’est pas celle sur laquelle ils travaillaient. Ce que nous utilisons est dans les mémoires d’un ordinateur et quotidiennement mis à jour. Tu n’as jamais été voir son original inachevé ?



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