
C’était la sonnerie du téléphone... Susan Fletcher émergea de son rêve, dans un hoquet de stupeur ; elle s’assit sur le lit, et chercha à tâtons le combiné.
— Allô ?
— Susan ? C’est David. Je te réveille ?
Elle sourit et se rallongea.
— Je rêvais de toi, justement. Viens me rejoindre.
— Il fait nuit noire, lui répondit-il dans un rire.
— Mmm, gémit-elle avec sensualité. Alors viens encore plus vite. On aura même le temps de dormir un peu avant de partir.
David eut un soupir de regret.
— C’est justement pour ça que je t’appelle. Il va falloir reporter notre voyage.
En une seconde, Susan fut tout à fait réveillée.
— Quoi ?
— Je suis désolé. Je suis obligé de quitter la ville. Je serai de retour demain. On pourra partir tôt dans la matinée. Il nous restera quand même deux jours.
— Mais j’ai réservé au Stone Manor, rétorqua Susan, blessée. J’ai même réussi à avoir notre chambre favorite.
— Je sais mais...
– 4 –
— C’était censé être notre soirée. Pour fêter nos six mois de fiançailles. Tu te souviens au moins qu’on est fiancés ?
— Susan, soupira-t-il. Je t’en prie, ce n’est pas le moment...
une voiture m’attend devant la maison. Je t’appellerai dans l’avion pour tout t’expliquer.
— Dans l’avion ? répéta-t-elle. Qu’est-ce qui se passe ?
Pourquoi est-ce que l’université... ?
— Ce n’est pas l’université, Susan... Je t’expliquerai. Il faut vraiment que j’y aille, ils s’impatientent en bas... Je te donne des nouvelles très vite. Promis.
— David, cria-t-elle. Qu’est-ce qui... ?
Trop tard. David avait raccroché. Susan Fletcher ne put se rendormir, attendant désespérément son appel. Mais le téléphone resta muet.
Plus tard dans l’après-midi, Susan était dans son bain, abattue. Elle plongeait la tête sous l’eau savonneuse en essayant d’oublier le Stone Manor et les Smoky Mountains. Où pouvait bien être David ? Pourquoi n’avait-il pas encore appelé ?
