– Mais, madame…


– Non, monsieur, vous avez beau faire, vous ne m’y déciderez jamais.


– Eh bien, madame, il faut vous contenter, dit le prince en s’emparant de ses autels chéris, je serais bien fâché qu’il fût dit que j’aie jamais voulu vous déplaire.


Et qu’on vienne nous dire à présent que ce n’est pas la peine d’instruire les filles de ce qu’elles doivent un jour à leur époux.

AVENTURE INCOMPRÉHEN SIBLE et attestée par toute une province

Il n’y a pas cent ans qu’on avait encore dans plusieurs endroits de France, la faiblesse de croire qu’il ne s’agissait que de donner son âme au diable, avec de certaines cérémonies aussi cruelles que fanatiques, pour obtenir tout ce qu’on voulait de cet esprit infernal, et il n’y a pas un siècle révolu que l’aventure que nous allons raconter à ce sujet, arriva dans une de nos provinces méridionales, où elle est encore attestée aujourd’hui sur les registres de deux villes et revêtue des témoignages les plus faits pour convaincre les incrédules. Le lecteur peut le croire, nous ne parlons qu’après avoir vérifié; assurément nous ne lui garantissons pas le fait, mais nous lui certifions que plus de cent mille âmes l’ont cru, et que plus de cinquante mille peuvent encore attester aujourd’hui l’authenticité avec laquelle il se trouve consigné dans des registres sûrs. – Nous déguiserons la province et les noms, on nous le permettra.


Le baron de Vaujour mêlait depuis sa plus tendre jeunesse, au libertinage le plus effréné, le goût de toutes les sciences, et principalement de celles qui induisent souvent l’homme en erreur, et lui font perdre en rêverie et en chimères un temps précieux qu’il pourrait employer d’une manière infiniment meilleure; il était alchimiste, astrologue, sorcier, nécromancien, assez bon astronome pourtant et médiocre physicien; à l’âge de vingt-cinq ans, le



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