Cinq minutes après, il était dans le vestibule de la rue Saint-Claude, regardant Fritz.


– Eh bien? demanda-t-il avec anxiété.


– Oui, maître, répondit le domestique, qui avait l’habitude de lire dans son regard.


– Elle est rentrée?


– Elle est là-haut.


– Dans quelle chambre?


– Dans la chambre aux fourrures.


– Dans quel état?


– Oh! bien fatiguée; elle courait si rapidement que, moi qui la vis venir de loin, parce que je la guettais, je n’eus pas même le temps de courir au devant d’elle.


– En vérité!


– Oh! j’en ai été effrayé; elle est entrée ici comme une tempête; elle a monté l’escalier sans prendre haleine, et tout à coup, en entrant dans la chambre, elle est tombée sur la peau du grand lion noir. Vous la trouverez là.


Balsamo monta précipitamment et trouva, en effet, Lorenza qui se débattait sans force contre les premières convulsions d’une crise nerveuse. Il y avait trop longtemps que le fluide pesait sur elle et la forçait à des actes violents. Elle souffrait, elle gémissait; on eût dit qu’une montagne pesait sur sa poitrine, et que, des deux mains, elle tentait de l’écarter.


Balsamo la regarda un instant d’un œil étincelant de colère, et, l’enlevant entre ses bras, l’emporta dans sa chambre, dont la porte mystérieuse se referma sur lui.

Chapitre CXXVII L’élixir de vie

On sait dans quelles dispositions Balsamo venait de rentrer dans la chambre de Lorenza.


Il s’apprêtait donc à la réveiller pour lui faire les reproches qui couvaient en sa sourde colère, et il était bien décidé à la punir selon les conseils de cette colère, lorsqu’une triple secousse du plafond l’avertit qu’Althotas avait guetté sa rentrée et voulait lui parler.



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