
– Vous savez à quelles conditions je puis vous accorder la grâce que vous me demandez, Thérèse, me répondit Cœur-de-Fer; vous savez ce que j'exige de vous…
– Eh bien, monsieur, je ferai tout, m'écriai-je en me précipitant entre ce malheureux et notre chef toujours prêt à l'égorger… Oui, je ferai tout, monsieur, je ferai tout, sauvez-le.
– Qu'il vive, dit Cœur-de-Fer, mais qu'il prenne parti parmi nous; cette dernière clause est indispensable, je ne puis rien sans elle, mes camarades s'y opposeraient.
Le négociant surpris, n'entendant rien à cette parenté que j'établissais, mais se voyant la vie sauvée s'il acquiesçait aux propositions, ne crut pas devoir balancer un moment. On le fait rafraîchir, et comme nos gens ne voulaient quitter cet endroit qu'au jour:
– Thérèse, me dit Cœur-de-Fer, je vous somme de votre promesse, mais comme je suis excédé ce soir, reposez tranquille près de la Dubois, je vous appellerai vers le point du jour, et la vie de ce faquin, si vous balancez, me vengera de votre fourberie.
– Dormez, monsieur, dormez, répondis-je, et croyez que celle que vous avez remplie de reconnaissance n'a d'autre désir que de s'acquitter.
Il s'en fallait pourtant bien que ce fût là mon projet, mais si jamais je crus la feinte permise, c'était bien en cette occasion. Nos fripons, remplis d'une trop grande confiance, boivent encore et s'endorment, me laissant en pleine liberté, près de la Dubois qui, ivre comme le reste, ferma bientôt également les yeux.
Saisissant alors avec vivacité le premier moment du sommeil des scélérats qui nous entouraient:
