
laquelle devait mettre bas deux mois plus De là-haut, il observa la place. Le mar-tard, quelles étaient les plus paresseuses. Il chand ambulant continuait à vendre son savait aussi les tondre, et les abattre. Si pop-corn. Un jeune couple vint s'asseoir jamais il décidait de partir, elles allaient sur le banc où il était resté à bavarder avec souffrir.
le vieil homme, et ils échangèrent un long Le vent se mit à souffler. Ce vent, il baiser.
le connaissait : on l'appelait le levant, car
«Le marchand de pop-corn», murmura-c'était avec ce vent-là qu'étaient venues les t-il pour lui-même, sans terminer sa phrase.
hordes des infidèles. Avant de connaître Car le levant s'était mis à souffler plus fort, Tarifa, il n'avait jamais imaginé que l'Afri-et il le sentit sur son visage. Il amenait les que fût si proche. Ce qui constituait un Maures, sans doute, mais il apportait aussi grave danger : les Maures pouvaient à nou-l'odeur du désert et des femmes voilées.
veau envahir le pays.
Il apportait la sueur et les songes des Le levant se mit à souffler plus fort. « Me hommes qui étaient un jour partis en quête voici entre mes brebis et le trésor», pen-de l'Inconnu, en quête d'or, d'aventures...
sait-il. Il devait se décider, choisir entre et de pyramides. Le jeune homme se prit à
quelque chose à quoi il s'était habitué et envier la liberté du vent, et comprit qu'il quelque chose qu'il aimerait bien avoir. Et pourrait être comme lui. Rien ne l'en il y avait aussi la fille du commerçant, empêchait, sinon lui-même.
mais elle n'avait pas la même importance Les brebis, la fille du commerçant, les que les brebis, car elle ne dépendait pas de champs d'Andalousie, ce n'étaient que les lui. La certitude lui vint que, si elle ne le étapes de sa Légende Personnelle.
