
pendant tout ce temps il lui faudrait trans-porter son manteau avec lui. Malgré tout,
«Des hommes venus du monde entier quand il avait envie de se plaindre de cette sont déjà passés par ce village, mon fils. Ils charge, il se souvenait que, grâce à cette viennent ici chercher des choses nouvelles, charge, précisément, il n'avait pas ressenti mais ils restent toujours les mêmes le froid du petit matin.
hommes. Ils vont jusqu'à la colline pour
«Nous devons toujours être prêts à
visiter le château, et trouvent que le passé
affronter les surprises du temps », songeait-valait mieux que le présent. Ils ont les che-il alors; et il acceptait avec gratitude le veux clairs, ou le teint foncé, mais sont poids de son manteau.
semblables aux hommes de notre village.
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— Mais moi, je ne connais pas les châteaux des pays d'où viennent ces hommes, répliqua le jeune homme.
— Ces hommes, quand ils voient nos champs et nos femmes, disent qu'ils aime-raient vivre ici pour toujours, poursuivit le père.
— Je veux connaître les femmes et les terres d'où ils viennent, dit alors le fils.
Car eux ne restent jamais parmi nous.
— Mais ces hommes ont de l'argent plein L'horizon se teinta de rouge, puis le leurs poches, dit encore le père. Chez nous, soleil apparut. Le jeune homme se souvint seuls les bergers peuvent voir du pays.
de la conversation avec son père et se sen-
— Alors, je serai berger. »
tit heureux; il avait déjà connu bien des Le père n'ajouta rien de plus. Le lende-châteaux et bien des femmes (mais aucune main, il donna à son fils une bourse qui ne pouvait égaler celle qui l'attendait à
contenait trois vieilles pièces d'or espa-deux jours de là). Il possédait un manteau, gnoles.
