On a donc remisé dans les caves et les greniers Jeanne d'Arc, la Sainte Pucelle, et le drapeau tricolore, nationaliste, Napoléon l'esclavagiste et La Marseillaise, la sanglante guerrière !

C'est là, aux oubliettes, que l'extrême droite a trouvé ces reliques abandonnées, elle les a brandies et on lui a laissé prétendre – cela arrangeait ceux que l'histoire de France gênait – qu'elle était le « Front national ».

Ainsi les élites ont-elles donné le sentiment qu'elles n'avaient plus la volonté de perpétuer la nation.

Qu'il s'agissait là à la fois d'une tâche archaïque, néfaste et impossible, voire compromettante et ridicule.

Mais, depuis qu'on ne se soucie plus de l'âme de la France, les problèmes quotidiens des Français se sont aggravés.

On leur a dit depuis trois décennies :

Oublions les rêves de grandeur !

Cessons d'être une patrie, devenons un ensemble de régions européennes !

Finissons-en avec l'exception française !

Effaçons notre histoire glorieuse de nos mémoires ! Elle est criminelle.

N'évoquons plus Versailles, Valmy ou Austerlitz, mais le Code noir, la rafle du Vel' d'Hiv', Diên Biên Phu et la torture !

Soyons d'une province, basque ou corse, poitevine, savoyarde, vendéenne ou antillaise, et non d'une nation !

Restons enracinés dans nos communautés et nos traditions d'origine. Soyons de là-bas, même si nous avons nos papiers d'ici !

Négligeons le français, conjuguons nos langues avec l'anglais bruxellois !

Ainsi nous vivrons mieux !

Nous aurons plus de pain, plus de paix, plus de liberté !

Un temps les Français l'ont cru.

Mais les mots deviennent peu à peu poussière face à l'expérience vécue.

Ils ne sont plus que des mensonges.



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