
Lorsque vient la période des amours, les humains se livrent à leur parade nuptiale. Contrairement au paon, que nous connaissons tous, ce n'est pas le mâle, mais la femelle qui affiche des couleurs fluorescentes et déploie ses atours. Comme les humaines ne sont pas dotées de plumes, ni de crête, ni de jabot gonflant, elles enfîlent des morceaux de tissu bariolés qui attirent l'attention des mâles.
Chose curieuse, les femelles couvrent strictement certaines zones de leur corps et en dévoilent abondamment d'autres. Pour augmenter leur pouvoir attractif, elles enduisent leur bouche de graisse de baleine et garnissent de poudre de charbon leurs paupières. Enfin elles s'aspergent de parfums subtilisés aux glandes sexuelles d'autres animaux terriens, comme le bouquetin des montagnes dont elles extraient le musc. Elles volent même les glandes sexuelles des fleurs pour obtenir des odeurs de patchouli, de lavande ou de rose.
En période de chaleurs, le mâle, pour sa part, émet plein de bruits avec sa bouche, sortes de roucoulements qu'il peut accompagner en tapant sur des peaux tendues - phénomène qu'ils appellent: «musique». Ce comportement assez proche de celui du grillon champêtre ne porte pas toujours ses fruits. Alors, selon le groupe auquel il appartient, le mâle peut se livrer à sa parade en recouvrant de graisse de porc ses cheveux (gomina), ou bien en gonflant son porte-monnaie comme un jabot. Cette dernière forme de parade s'avère la plus efficace.
2. La rencontre.
Les humains mâles et femelles se rencontrent dans des endroits spécialement conçus à cet effet: les «boîtes de nuit», lieux sombres et bruyants. Sombres pour que le mâle ne puisse pas distinguer clairement le physique de la femelle (il ne sent que son odeur de patchouli, de musc ou de rose). Bruyants pour que la femelle ne puisse pas distinguer clairement les propos du mâle.
