Iain M. Banks

L’homme des jeux

Pour Jim

PRÉFACE

Iain Menzies Banks, né en Écosse et en 1954, sans hésitation ni murmure l’un des plus talentueux écrivains britanniques de sa génération, a au moins une coquetterie. Lorsqu’il écrit un roman de littérature générale comme Le Seigneur des guêpes

À dire vrai, la littérature de Iain (M.) Banks n’est jamais générale. Elle est beaucoup trop singulière pour cela. C’est un homme qui n’a pas un sens bien arrêté de la « normalité ». Il cultive aisément la pointe de pessimisme méchant, voire de perversité, qui caractérise la littérature britannique contre l’optimisme naïf et bon enfant des Américains et la distinction arrogante cultivée par les Continentaux. Il la pousse même du côté du surréalisme et parfois du délire, et lorsqu’il opère un rétablissement du côté de la raison, il se retrouve sans effort, dans un mouvement coulé, sur le trapèze volant de la Science-Fiction.


Sa création la plus remarquable à ce jour dans cet espace demeure la Culture. Il l’explore dans quatre textes au moins. Une forme de guerre

La Culture est une vaste société galactique, multiforme, pacifiste, décentralisée, anarchiste, tolérante, éthique, agnostique et cynique, peut-être ultimement conformiste, s’en doutant et s’en défendant. La Culture est si soucieuse d’assurer l’égalité des droits en fonction des sexes, des âges, des races, des origines, des capacités en général et même des conditions de fabrication, qu’elle a pratiquement oublié que des discriminations pouvaient se fonder sur des critères aussi anodins et qu’elle le redécouvre toujours douloureusement à l’occasion de nouveaux contacts. Banks tient à préciser en tête de l’essai déjà cité que la Culture n’existe pas ou plutôt qu’elle n’existe que dans son esprit et dans ceux des lecteurs de ses livres.



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