
« C’est bien ce que j’avais cru comprendre, admit Boruélal en hochant la tête d’un air grave.
« C’était il y a un an, intervint Gurgeh en fronçant les sourcils. Et Yay l’avait mérité, ajouta-t-il avec un regard fâché pour le drone.
« Quoi qu’il en soit, reprit Boruélal en jetant un coup d’œil à Chamlis, nous vous avons peut-être trouvé un adversaire digne de vous, Jernau Gurgeh. Il s’agit de… »
Il y eut un bruit de chute au fond de la pièce et le brouhaha s’amplifia. Tous trois se retournèrent en entendant des cris.
« Oh, non ! Encore un incident », fit Boruélal d’un ton las.
Déjà, un peu plus tôt, l’un des jeunes assistants avait perdu le contrôle de son oiseau de compagnie, qui s’était mis à foncer dans la pièce en poussant des piaillements ; il avait eu le temps de se prendre dans plusieurs chevelures avant que Mawhrin-Skel ne l’assomme après l’avoir intercepté en plein vol, au grand dam d’une majorité d’invités.
« De quoi s’agit-il, cette fois-ci ? se demanda Boruélal avec un soupir. Excusez-moi un instant. »
Elle déposa distraitement son verre et son amuse-gueule sur le dessus vaste et lisse de Chamlis Amalk-ney et, s’excusant au passage, fendit la foule en direction de la source de perturbation.
L’aura de Chamlis afficha brièvement une nuance gris-blanc de mécontentement. Puis il posa bruyamment le verre sur la table et expédia le canapé dans une poubelle située à quelque distance de là.
« C’est cette horrible mécanique de Mawhrin-Skel », fit-il alors d’un ton irrité.
Gurgeh chercha du regard, par-dessus les têtes, l’endroit d’où venait toute cette agitation.
« Tu crois ? interrogea-t-il. Tu veux dire que c’est lui qui cause tout ce tapage ?
