
« Je me suis dit qu’ils auraient peut-être une idée. Qu’ils sauraient trouver quelque chose qui l’occupe.
« Je croyais que tu te méfiais de Contact ?
« En général, c’est vrai, je m’en méfie. Mais je connais certains de leurs Mentaux ; j’ai encore quelques relations… Il me semble qu’on peut compter sur leur aide.
« Pas si vite, intervint Yay. Je trouve que nous prenons tous cette affaire bien au sérieux, il va s’en sortir. Il ne manque pas d’amis. Tant qu’il est entouré, rien de grave ne peut lui arriver.
« Hmm…, fit le drone. (La voiture s’immobilisa devant l’un des puits d’ascenseur desservant le village de Chamlis Amalk-ney.) Te verra-t-on à Tronze ? s’enquit-il.
« Non, j’ai une conférence de paysagisme ce soir-là, répondit-elle. Et puis, il y a ce jeune homme que j’ai remarqué l’autre jour au champ de tir… Je me suis arrangée pour tomber sur lui par hasard, ce soir-là, ajouta-t-elle en souriant.
« Je vois, commenta Chamlis. On passe en mode prédateur, hein ? Eh bien, j’espère que tu vas bien « tomber ».
« Je ferai de mon mieux », l’assura-t-elle en riant.
Ils se souhaitèrent bonne nuit. Puis Chamlis franchit le sas de la voiture, dont le châssis antique aux mille blessures infimes se mit à resplendir sous l’explosion de soleil venue d’en dessous, et s’éleva tout droit dans le puits d’ascenseur, sans attendre la cabine. La voiture redémarra et Yay secoua la tête en souriant devant cette preuve de sénilité précoce.
Ren dormait encore, à demi dissimulée sous le drap. Sa chevelure noire se répandait en ruisselant sur le haut du lit. Gurgeh s’assit au bureau dont il ne se servait qu’occasionnellement, près des portes-fenêtres donnant sur la terrasse, et contempla la nuit.
