« C’est tout ? » demanda-t-il.

La petite machine s’immobilisa à deux mètres du sol.

« C’est tout ce que j’ai le droit de vous dire. Je vous ai posé les questions qu’on m’a dit de vous poser. Maintenant, je dois faire mon rapport. Pourquoi ? Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez savoir, en admettant que je puisse vous renseigner ?

« Oui, répondit Gurgeh qui sentait croître son irritation. En saurai-je jamais davantage sur le sujet et l’endroit que vous venez d’évoquer ? »

La machine parut vaciller dans les airs. Ses champs n’avaient pas changé d’un iota depuis son arrivée. Au bout d’un moment, elle reprit la parole.

« Jernau Gurgeh ? »

Tous deux restèrent un long moment silencieux. Gurgeh regarda fixement la machine, puis se leva, posa les mains sur ses hanches, pencha la tête d’un côté et s’écria :

« Oui ?

« C’est peu probable », jeta le drone.

Sur ce, il s’éleva verticalement dans les airs, et ses champs s’éteignirent d’un seul coup. Gurgeh entendit de nouveau le même rugissement, et vit se former la traînée de vapeur ; ce fut tout d’abord un unique et minuscule nuage, car Gurgeh se trouvait juste au-dessous de lui, mais ensuite il s’étira lentement l’espace de quelques secondes, avant de se stabiliser brusquement. Gurgeh secoua la tête et reprit son terminal de poche.

« Maison ! fit-il, l’œil toujours rivé au ciel. Entre en contact avec ce drone.

« Quel drone, Jernau ? répondit la maison. Voulez-vous parler de Chamlis ? »

Gurgeh abaissa les yeux sur son terminal.

« Mais non ! Cette petite ordure de chez Contact, ce Loash Armasco-Iap Wu-Handrahen Xato Koum ! Le drone qui était ici à l’instant !

« À l’instant ? » fit alors la maison en mode Stupéfaction.

Les épaules de Gurgeh s’affaissèrent. Il s’assit.

« Tu n’as rien vu, rien entendu de ce qui vient de se passer ?



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