
— En effet », convint Catelyn.
A peu près toute la chevalerie méridionale semblait avoir rallié Renly. Partout se voyait la rose d’or de Hautjardin : cousue sur le sein droit des hommes d’armes et des valets, claquant ou flottant aux fanions de soie verte qui ornaient piques et lances, peinte sur les boucliers pendus à l’extérieur des pavillons des fils, frères, oncles et cousins de la maison Tyrell. Catelyn repéra aussi les guirlandes-au-renard Florent, les pommes vertes et rouges Fossovoie, le chasseur Tarly, les feuilles de chêne du Rouvre, les grues Crane, la nuée de papillons noir et orange Mullendor.
Sur l’autre rive se déployaient les étendards des seigneurs de l’Orage, bannerets personnels de Renly en tant que liges des Baratheon, sires d’Accalmie. S’y reconnaissaient les rossignols de Bryce Caron, les plumes Penrose et, vert sur vert, la tortue de mer Estremont, parmi cent autres emblèmes non identifiables – ceux d’un essaim de vassaux secondaires, d’obscurs chevaliers et de francs-coureurs attirés par l’espoir de concrétiser la royauté nominale du prétendant.
Bien au-dessus de cette cohue flottait, au sommet de la plus haute tour de siège, colossal édifice de bois monté sur roues et tendu de peaux brutes, l’insigne de celui-ci : le plus prodigieux étendard de guerre qu’eût jamais vu Catelyn ; assez vaste pour tapisser toute une demeure, son brocart d’or arborait en noir, immense et cabré avec arrogance, le cerf couronné des Baratheon.
« Qu’est-ce là, madame ? demanda Hallis Mollen en se portant contre son étrier. Ce boucan ? »
