
Je descendis lentement la pente douce qui menait jusqu’au fleuve Téthys, en passant par les docks où une quantité invraisemblable d’embarcations disparates débarquaient leurs passagers. Le Téthys était le seul fleuve trans-retzien. Il coulait, à travers ses portes distrans permanentes, sur plus de deux cents planètes ou lunes différentes. Ses riverains comptaient parmi les citoyens les plus riches de l’Hégémonie. Les navires qui le parcouraient allaient de la plus simple coque de noix aux plus somptueux hôtels flottants, en passant par de fins croiseurs racés, des trois-mâts chargés de toile, des chalands à cinq ponts, dont plusieurs semblaient munis d’un système de lévitation, des vedettes fluviales luxueuses, visiblement équipées de leurs propres portes distrans, de petites îles mobiles importées des océans d’Alliance-Maui, des submersibles et des hors-bord préhégiriens, tout un assortiment de VEM nautiques façonnés à la main sur le vecteur Renaissance, et quelques yachts passe-partout aux formes cachées par les surfaces ovoïdes unies et réfléchissantes de leurs champs de confinement.
