
En Allemagne, ce sujet a été traité aussi dès l'origine du théâtre; mais c'est surtout en Italie que ce canevas a été souvent employé.
Nous citerons parmi les imitations françaises celles de Rotrou et de Regnard.
Donner l'analyse de la pièce de Rotrou, c'est donner en même temps l'extrait de celle de Plaute; sa comédie est plutôt une traduction qu'une imitation.
Ménechme Sosicle arrive à Épidamne, lieu de la résidence de son frère, sans savoir qu'il y est établi. Il est émerveillé de s'y voir connu et nommé par tout le monde, accablé des reproches d'une femme qui veut être la sienne, et des caresses d'une autre qui se contente d'un titre plus doux.
Rotrou a un peu adouci le personnage de la courtisane Érotie, dont il fait une jeune veuve qui met de la pruderie dans ses épanchements, et qui permet que Ménechme lui fasse la cour, pourvu, lui dit-elle,
Qu'elle demeure aux termes de l'honneur,
Que mon honnêteté ne soit point offensée,
Et qu'un but vertueux borne votre pensée.
Elle n'ignore pas cependant que Ménechme est marié. Shakspeare a été plus fidèle aux vraisemblances en conservant à ce personnage le caractère de courtisane que lui donne le poëte latin.
Regnard a imaginé une autre fable. Ses Ménechmes ne sont point mariés, tous deux veulent l'être et sont rivaux. L'un est un provincial grossier et brutal, qui vient à Paris recueillir la succession d'un oncle. Il a été institué légataire universel, parce que le défunt ignorait la destinée du second de ses neveux, qui avait quitté dès l'enfance la maison paternelle.
Cependant le chevalier Ménechme est à Paris, aux prises avec la mauvaise fortune; une vieille douairière se sent toute portée à changer son sort en l'épousant, et le chevalier ne fait pas le difficile, lorsque son amour pour Isabelle, la propre nièce d'Araminte, lui ouvre les jeux sur l'âge de sa tante.
