
Une dernière voiture s’arrête devant l’hôtel : c’est Hierl qui a visité quelques camps rapidement et a rejoint le plus vite qu’il a pu Godesberg. Il fait son rapport au Chancelier, puis tout le monde s’assied autour du Führer et la discussion commence.
On entend des éclats de voix, Hitler parle fort, à sa façon saccadée, brutale. Quelques heures passent Hitler maintenant s’est tu. Fatigué comme après chaque allocution ou conversation quand il se donne tout entier à sa passion. Vers la fin de l’après-midi alors que déjà des chefs S.S. et S.A. prennent congé en saluant, que les voitures viennent à intervalle régulier s’immobiliser devant le perron, le Führer se détend, il fait quelques pas vers le bord de la terrasse. Le Gauleiter de la région de Cologne – Aix-la-Chapelle, un homme d’une cinquantaine d’années, lui présente les fonctionnaires importants de la région et les Kreisleiter du Gau. La foule de curieux est toujours là, saluant criant agitant des drapeaux. Martial, manoeuvrant avec la précision mécanique des vieilles unités prussiennes, un détachement du R.A.D. prend position devant l’hôtel.
Hitler sort sur le perron, il salue satisfait ces jeunes hommes à la fixité de statues puis les passes en revue. Alors la fanfare attaque des airs nazis et dans le crépuscule, six cents volontaires du Service du Travail allument leurs torches et forment au pied de la terrasse, une immense croix gammée de feu. Hitler s’appuie au rebord de marbre de la terrasse. Maintenant les musiciens jouent le grand Zapfenstreich (couvre-feu). Les torches brûlent et leurs flammes se couchent parfois sous la brise humide qui monte du fleuve, parfumée à l’odeur douceâtre du Rhin, odeur de vigne aussi et senteur de l’herbe. Les péniches noires qui se croisent dans la pénombre ont déjà allumé leurs feux de position.
En face, sur l’autre rive, les Siebengebirge (les Sept-Montagnes) dressent leurs sommets ronds comme des arapèdes, posées là, isolées, vestiges volcaniques : Drachenfels, Olberg, Petersberg, et la plus massive, le Loewenburg. Le regard depuis Godesberg s’accroche à ces reliefs, à la vallée du Rhin, majestueuse, donnant l’impression vivante de la puissance, de la paix.
