
Le premier chef des S.A., le lieutenant de vaisseau H. Klintzsch était d’ailleurs un ancien de la « brigade Ehrhardt ». Von Killinger, meurtrier du signataire de l’armistice, Erzberger, Heines qui abattit le ministre Rathenau vinrent aux S.A.. Puis était arrivé, en mars 1923, Hermann Goering, l’as de la chasse allemande, au visage d’une éblouissante beauté que la drogue et l’embonpoint n’avaient pas encore affaissé. Et quand dans les rues froides et grises de Munich, le 9 novembre 1923, le premier putsch nazi se produit, les S.A. sont là, derrière leurs chefs. Interdits, après l’échec du putsch, comme le Parti, les S.A. sont reconstituées par Roehm, toujours prêt à construire une troupe de combattants : ils deviennent le Frontbanner puis à nouveau les S.A. en 1925 : neuf ans seulement et pourtant tout a changé.
1925 : Ce temps proche et lointain où le Parti national-socialiste paraissait se déchirer : Goebbels demandait l’exclusion du Parti du « petit-bourgeois Hitler », Gregor Strasser qui avait permis au Parti de gagner le Nord de l’Allemagne, parlait du socialisme, de bolchevisme national et s’éloignait de la prudence de Hitler, décidé à s’appuyer sur les forces conservatrices. Et puis il y avait Roehm qui voulait subordonner le Parti aux S.A., transformer le Parti en un nouveau corps franc, Roehm, militaire d’abord et toujours. Hitler avait choisi et Roehm, déçu et discipliné, soldat et aventurier, avait quitté l’Allemagne pour devenir organisateur et instructeur de l’armée bolivienne.
Les S.S. avait alors commencé leur croissance : groupe de choc au service exclusif de Hitler, garde personnelle à la fidélité et à la discipline absolues et qui, le 6 janvier 1929, reçoivent pour chef un homme au visage inexpressif, aux yeux dissimulés derrière des lunettes cerclées de fer : Heinrich Himmler. « Jamais je n’ai pu accrocher son regard toujours fuyant et clignant derrière son pince-nez », disait de lui Alfred Rosenberg.
