
Au lecteur de dire si ce puzzle et cette totalité qu’est une journée historique sont clairement reconstitués ici.
Qu’il soit répété que ce livre doit être pris pour ce qu’il a voulu être, un récit, et que notre ami germaniste Jacques Celerne soit remercié pour l’aide qu’il nous a apportée.
Max GALLO
PROLOGUE
Dans la prison de Stadelheim, à Munich, un peloton de S.S. a pris position dans la cour. C’est la fin de l’après-midi du samedi 30 juin 1934. Rapidement le Gruppenführer Sepp Dietrich parcourt les couloirs de la prison. Derrière les portes des cellules, les hommes qui jusqu’à hier soir étaient ses camarades ou ses chefs attendent depuis plusieurs heures qu’on décide de leur sort. Sepp Dietrich sait qu’ils vont mourir. À chacun d’eux, détournant son regard il va lancer :
« Vous avez été condamné à mort par le Führer pour haute trahison. Heil Hitler »
Et il se fait ouvrir une autre porte ignorant les cris et les jurons. Déjà on entraîne dans la cour le premier prisonnier et l’officier SS qui commande le peloton de l’Ordre Noir crie dans la lumière rousse de juin :
« Le Führer l’exige. En joue. Feu. »
˗ Edmund Schmid, Gruppenführer de la Sturmabteilung – l’armée des Sections d’Assaut –, cellule 497. Fusillé.
˗ Hans Joachim von Spreti-Weilbach, Standartenführer S.A., cellule 501. Fusillé.
˗ Hans Peter von Heydebreck, Gruppenführer S.A., cellule 502. Fusillé.
˗ Hans Hayn, Gruppenführer S.A., cellule 503. Fusillé.
˗ August Schneidhuber, Obergruppenführer S.A., préfet de police de Munich, cellule 504.
