– Et le roi Charles?


– Ah! le roi, c’est différent; il a emmené le mari.


– En vérité?


– C’est comme je te le dis. De plus, il m’a fait l’honneur de me regarder de côté quand il a su que j’étais à M. d’Alençon, et de travers quand il a su que j’étais ton ami.


– Tu crois donc qu’on lui aura parlé de moi?


– J’ai peur, au contraire, qu’on ne lui en ait dit trop de bien. Mais ce n’est point de tout cela qu’il s’agit, je crois que ces dames ont un pèlerinage à faire du côté de la rue du Roi-de-Sicile, et que nous conduisons les pèlerines.


– Mais, impossible!… Tu le sais bien.


– Comment, impossible?


– Eh! oui, nous sommes de service chez son Altesse Royale.


– Mordi, c’est ma foi vrai; j’oublie toujours que nous sommes en grade, et que de gentilshommes que nous étions nous avons eu l’honneur de passer valets.


Et les deux amis allèrent exposer à la reine et à la duchesse la nécessité où ils étaient d’assister au moins au coucher de monsieur le duc.


– C’est bien, dit madame de Nevers, nous partons de notre côté.


– Et peut-on savoir où vous allez? demanda Coconnas.


– Oh! vous êtes trop curieux, dit la duchesse. Quaere et invenies.


Les deux jeunes gens saluèrent et montèrent en toute hâte chez M. d’Alençon.


Le duc semblait les attendre dans son cabinet.


– Ah! ah! dit-il, vous voilà bien tard, messieurs.


– Dix heures à peine, Monseigneur, dit Coconnas. Le duc tira sa montre.


– C’est vrai, dit-il. Tout le monde est couché au Louvre, cependant.


– Oui, Monseigneur, mais nous voici à vos ordres. Faut-il introduire dans la chambre de Votre Altesse les gentilshommes du petit coucher?


– Au contraire, passez dans la petite salle et congédiez tout le monde.




15 из 316