
Je peux vraiment l’assurer :ils n’en savent pas plus. Ni Athéna, ni Edda, ni les personnes que j’aifinalement connues grâce à elles. Elle me disait qu’elle apprenait à mesure qu’elleenseignait, et bien que, au début, j’aie refusé de la croire, j’ai pu meconvaincre plus tard que c’était peut-être vrai, et j’ai fini par découvrir quec’était encore l’une de ses nombreuses manières de nous faire baisser la gardeet nous abandonner à son charme.
Les personnes qui sont dans laquête spirituelle ne pensent pas : elles veulent des résultats. Ellesveulent se sentir puissantes, loin desmasses anonymes. Elles veulent être exceptionnelles. Athéna jouait avec lessentiments d’autrui d’une manière terrifiante.
Il me semble qu’elle avait euautrefois une admiration profonde pour sainte Thérèse de Lisieux. La religioncatholique ne m’intéresse pas, mais, d’après ce que j’ai entendu, Thérèseentrait dans une sorte de communion mystique et physique avec Dieu. Athéna adéclaré un jour qu’elle aimerait que son destin ressemblât à celui de la sainte.Dans ce cas, elle aurait dû entrer dans un couvent, consacrer sa vie à lacontemplation ou au service des pauvres. Cela aurait été beaucoup plus utile aumonde, et beaucoup moins dangereux que de nous entraîner, par des chansons etdes rituels, dans une sorte d’intox ; cation, nous faisantentrer en contact avec le meilleur, mais aussi le pire de nous-mêmes.
Je suis allée voir Athéna parceque je cherchais un sens à ma vie – bien que je le lui aie caché lors de notrepremière rencontre. J’aurais dû comprendre dès le début que cela ne l’intéressaitpas beaucoup ; elle voulait vivre, danser, faire l’amour, voyager, réunirdes gens autour d’elle pour montrer qu’elle était savante, exhiber ses dons, provoquerles voisins, profiter de tout ce que nous avons de plus profane – même si ellecherchait à donner un vernis spirituel à sa quête.
Chaque fois que nous nous
