
— Oui, Mademoiselle.
— Tu vas manquer le bus.
Ender hocha la tête et se leva. Les autres élèves étaient partis. Mais ils l’attendraient, les mauvais. Son moniteur n’était plus fixé sur sa nuque, entendant ce qu’il entendait, voyant ce qu’il voyait. Ils pourraient dire ce qui leur plairait. Peut-être même le frapperaient-ils, à présent – personne ne les verrait et personne ne viendrait au secours d’Ender.
Le moniteur avait des avantages et il les regretterait.
C’était Stilson, bien entendu. Il n’était pas plus grand que la majorité des autres enfants, mais il était plus grand qu’Ender. Et il n’était pas seul. Il ne l’était jamais.
— Hé, Troisième !
Ne réponds pas. Rien à dire.
— Hé, Troisième, on te parle, Troisième, copain des doryphores, on te parle !
Je ne vois pas quoi répondre. Tout ce que je pourrais dire ne fera qu’empirer les choses. Alors ne dis rien.
— Hé, Troisième, hé, merdouille, t’as été collé, hein ? Tu te croyais mieux que nous, mais tu as perdu ton petit zoizeau, Troizeau, t’as un sparadrap sur le cou !
— Allez-vous me laisser passer ? demanda Ender.
— Allons-nous le laisser passer ? Devons-nous le laisser passer ?
Ils rirent.
— Sûr qu’on va te laisser passer. D’abord, on va laisser passer un bras, puis la tête et puis, peut-être, un morceau de genou.
Les autres raillèrent en chœur :
— Troizeau a perdu son zoizeau ! Troizeau a perdu son zoizeau !
Stilson le poussa avec une main ; quelqu’un, qui se trouvait derrière lui, le poussa vers Stilson.
— La balançoire de la demoiselle est avancée, dit quelqu’un.
— Le tennis !
— Le ping-pong !
Cela allait mal se terminer. Ender décida donc qu’il ne serait pas le plus malheureux, à la fin. Lorsque Stilson tendit à nouveau le bras pour le pousser, Ender voulut le saisir. Il n’y parvint pas.
