– Parce que je tiens toujours parole. Lorsqu'il m'écrivit la première fois, j'avais promis que je n'essaierais pas de le pister.


– Vous pensez qu'il y a quelqu'un derrière lui?


– Je ne le pense pas; je sais.


– Ce professeur dont vous m'avez parlé


– Exactement.


L'inspecteur MacDonald sourit, et il me lança un clin d'œil.


– Je ne vous cacherai pas, monsieur Holmes, qu'au Yard nous estimons que vous exagérez un tant soit peu à propos de ce professeur. J'ai procédé moi-même à quelques enquêtes sur son compte tout indique qu'il s'agit d'un homme très respectable, savant et plein de talents.


– Je suis heureux que vous ayez mentionné ses talents.


– Mon cher, on ne peut que s'incliner! Après vous avoir entendu exprimer votre point de vue, je me suis arrangé pour le voir. J'ai eu avec lui un petit entretien sur les éclipses (du diable si je me rappelle comment la conversation en arriva là), mais avec une lanterne et un globe il m'a tout expliqué en une minute. Il m'a prêté un livre dont j'avoue volontiers qu'il était trop calé pour moi, bien que j'aie reçu une bonne instruction à Aberdeen. Il aurait fait un grand ministre avec son visage glabre, ses cheveux gris et son langage un peu solennel. Quand il m'a pris par l'épaule au moment où nous nous sommes séparés, on aurait dit un père bénissant son fils partant pour le monde froid et cruel.


Holmes émit un petit rire et se frotta les mains.


– Merveilleux! fit-il. Dites-moi, ami MacDonald, cet entretien agréable et touchant avait lieu, je suppose, dans le bureau du professeur?


– En effet.


– Une belle pièce, n'est-ce pas?


– Très belle. Oui, très jolie ma foi, monsieur Holmes.


– Vous étiez assis en face de sa table?


– Oui.


– Le soleil dans vos yeux, et son visage à lui dans l'ombre?



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