
Au fond de la chapelle, la petite porte dont j’ai parlé, mystérieusement enfoncée dans l’épaisseur du mur, et recouverte d’une vieille tapisserie, n’avait plus pour palier extérieur que quelques planches vermoulues, dernier vestige de la tribune.
– C’est ici, dit M. Lerebours. Comme il n’y a pas de cage d’escalier dans la muraille, il faut faire un escalier extérieur, tout en bois, et tournant en spirale. Voyez, prenez vos mesures, si vous voulez. Voici une échelle qu’on peut approcher.
Pierre approcha l’échelle à marches et monta jusqu’à la tribune, qui n’était élevée que d’une vingtaine de pieds au-dessus du sol. Il souleva la portière et admira le travail exquis de la porte sculptée, ainsi que les ornements d’architecture à filets délicatement enroulés qui encadraient les chambranles et le tympan.
– Cette porte est aussi à réparer, dit-il; car les armoiries qui forment le centre des médaillons ont été brisées.
– Oui, dans la révolution, répondit l’économe en détournant les yeux d’un air hypocrite; et ce fut une grande barbarie, car c’était l’œuvre d’un ouvrier bien habile, on n’en saurait douter.
Les joues du père Huguenin se colorèrent d’un rouge vif. Il connaissait bien le vandale qui avait donné jadis le meilleur coup de hache à cette dévastation.
– Les temps sont changés, dit-il avec un sourire où la malignité surmontait la confusion; et les écussons aussi. Dan ce temps-là on brisait tout, et on ne se doutait guère qu’on se taillait de la besogne pour l’avenir.
Pendant cette digression, Pierre, examinant toujours la porte, essayait de l’ouvrir afin d’en voir les deux faces. M. Lerebours l’arrêta.
– On n’entre pas ici, dit-il d’un ton doctoral, la porte est fermée en dedans; c’est le cabinet d’étude de mademoiselle de Villepreux, et moi seul ait le droit d’y pénétrer en son absence.
