«- Vous n’allez du moins pas, dit-il, me faire arrêter tout de suite. Il y aurait tout intérêt, et pour vous, et pour moi, à ce que l’on m’autorisât à sortir cinq minutes.


«- Afin de vous donner le temps de fuir ou de cacher ce que vous avez volé, m’écriai-je.


«Puis, envisageant dans toute son horreur la situation dans laquelle j’allais me trouver placé, je le suppliai de se souvenir que mon honneur personnel n’était pas seul en cause, mais encore celui de quelqu’un bien plus haut placé que moi, et qu’enfin cette histoire risquait de faire éclater un scandale qui révolutionnerait tout le pays. En m’avouant ce qu’il avait fait des trois pierres manquantes, il pourrait, au contraire, éviter tout cela.


«- Pourquoi ne pas dire franchement la vérité? insistai-je. Vous avez été pris sur le fait, et que vous avouiez ou non, vous n’en serez pas moins coupable. Efforcez-vous plutôt de réparer votre faute dans la mesure du possible en m’expliquant où se trouvent les béryls, et je vous promets de tout pardonner.


«- Gardez votre pardon pour ceux qui l’implorent, me répliqua-t-il en se détournant avec un rire sarcastique.


«Je compris qu’il était trop buté pour se laisser ébranler par quoi que ce soit de ce que je pourrais lui dire. Dans ces conditions, il ne me restait plus qu’un seul parti à prendre. J’appelai l’inspecteur et déposai une plainte contre mon fils. On l’arrêta immédiatement, on le fouilla, on perquisitionna dans sa chambre et dans toute la maison; mais il fut impossible de retrouver les pierres nulle part, et ni prières, ni menaces ne purent décider mon misérable fils à parler.



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