Des flocons épars tombaient qui, au contact de son visage, fondaient telle une bruine des plus agréable. Bravement campé sur son cheval, il regardait se relever la herse de fer et s’évertuait de son mieux à feindre le calme, en dépit des battements fébriles de son cœur.

« Es-tu prêt ? » demanda Robb.

De peur de révéler son appréhension, il acquiesça d’un simple hochement. C’était la première fois qu’il sortait de Winterfell depuis son accident, mais il entendait monter aussi fièrement que le plus fier des chevaliers.

« Alors, en route. » Robb pressa les flancs de son grand hongre pommelé, et l’animal s’engagea vers le pont-levis.

« Va », souffla Bran à sa propre monture, tout en lui flattant l’encolure, et la petite pouliche bai brun se mit en mouvement. Il l’avait baptisée Danseuse, elle avait seulement deux ans, et Joseth la disait plus docile qu’il n’était permis à ses congénères. On l’avait spécialement dressée pour répondre aux rênes, à la voix et à la caresse. Jusque-là, cependant, Bran ne l’avait montée que tout autour de la cour, d’abord tenue à la longe par Hodor ou Joseth, afin qu’il s’accoutume à la selle conçue par Tyrion, puis sans aide depuis quinze jours, la faisant trotter en cercle et, de tour en tour, conquérant davantage d’assurance et d’autorité.

Dès que l’on eut franchi l’enceinte extérieure, Broussaille, Eté prirent le vent. Derrière venait Theon Greyjoy qui, équipé de son grand arc et d’un carquois bourré de matras, nourrissait de son propre aveu le projet de tuer un daim. Coiffés et vêtus de maille, quatre gardes suivaient, précédant Joseth, le palefrenier sec comme une trique promu par Robb maître d’écurie en l’absence de Hullen. Monté sur un bourricot, mestre Luwin fermait le ban. Bran eût cent fois préféré partir avec son frère, seul à seul, mais Hal Mollen, aussitôt appuyé par Luwin, s’y était formellement opposé. Qu’il fît une chute ou se blessât, le mestre entendait se trouver à même de le soigner sur-le-champ.



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