
Miss Trelawny m'accueillit dans le hall. Elle n'était pas le moins du monde timide. Elle paraissait tout diriger autour d'elle avec une sorte d'autorité due à sa grande naissance, d'autant plus remarquable qu'elle était très énervée et pâle comme la neige. Dans le grand vestibule se trouvaient plusieurs domestiques, les hommes groupés près de la porte, les femmes se rassemblant dans les coins éloignés et les embrasures des portes. Un officier de police était en train de parler à Miss Trelawny; deux hommes en uniforme et un autre en civil se tenaient près de lui. Quand elle me prit la main dans un mouvement plein de spontanéité, ses yeux eurent un regard exprimant le soulagement et elle poussa un léger soupir tout aussi tranquille. Elle m'accueillit par une phrase simple:
– Je savais que vous viendriez!
Elle se retourna pour dire au policier:
– Vous connaissez Mr. Malcolm Ross?
– Je connais Mr. Malcolm Ross, répondit l'officier de police en saluant. Il se rappellera peut-être que j'ai eu l'honneur de travailler avec lui dans l'affaire de Brixton Coining.
Je ne l'avais pas reconnu tout d'abord, car toute mon attention était accaparée par Miss Trelawny.
– Bien sûr, commissaire Dolan, je me rappelle très bien! dis-je. Et nous nous serrâmes la main. Je ne pus pas ne pas noter que le fait que nous nous connussions semblait causer un soulagement à Miss Trelawny. Il y avait dans son comportement un vague malaise qui retint mon attention. Je sentis instinctivement que ce serait moins embarrassant pour elle de me parler en tête-à-tête. Si bien que je dis au commissaire:
– Il sera peut-être préférable que Miss Trelawny me voie seul pendant quelques minutes. Vous avez, naturellement, déjà entendu tout ce qu'elle sait; et je comprendrai mieux la situation si je puis poser quelques questions. Je reverrai ensuite toute la situation avec vous, si vous le permettez.
