Elle marqua un temps. Je n'avais pas envie de dire mon impression. Je la regardai. Je crois qu'elle me comprit, car ses yeux rencontrèrent un moment les miens, puis elle les baissa; et ses joues étaient aussi rouges que des coquelicots. Elle fit un effort manifeste pour continuer son récit.


– Le médecin est arrivé au bout d'un délai incroyablement court. Il a installé un tourniquet convenable pour le bras de mon pauvre père et est retourné chez lui pour chercher quelques accessoires. Je dois dire qu'il a été de retour presque immédiatement. Alors est arrivé un agent de police, qui a envoyé un message au commissariat; et très peu de temps après, le commissaire était ici. Ensuite, vous êtes arrivé.


Il y eut un long silence, et je me hasardai à lui prendre la main et à la garder dans la mienne un instant. Sans ajouter un mot, nous avons ouvert la porte et nous avons été retrouver le commissaire dans le vestibule. Il se précipita sur nous en disant:


– J'ai tout examiné moi-même, et j'ai envoyé un message à Scotland Yard. Vous voyez, Mr. Ross, il m'a paru y avoir tant de choses étranges dans cette affaire que j'ai jugé préférable qu'on nous adjoigne le meilleur homme du Criminal Investigation Department. J'ai donc demandé qu'on nous envoie immédiatement le sergent Daw. Vous vous souvenez de lui, monsieur, vous l'avez connu dans cette affaire d'empoisonnements d'Hoxton.


– Oh oui, dis-je, je me souviens très bien de lui. Dans cette affaire et dans d'autres, j'ai eu plusieurs fois à me féliciter de son habileté et de sa clairvoyance. Il a un esprit qui fonctionne avec autant de sûreté que tous ceux que je connais. Quand je me suis trouvé sur le banc de la défense avec la conviction que mon client était innocent, j'ai toujours été heureux de l'avoir contre nous!


– Voilà une belle marque d'estime, monsieur! dit le commissaire, comblé. Je suis heureux que vous approuviez mon choix; j'ai donc bien fait de l'appeler.



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