
Les fourmis sont peut-être un bon terrain pour nous exercer à comprendre le monde. On peut facilement les observer. Elles ont une expérience de la vie citadine de plus de 100 millions d'années.
Il ne faut pas les copier. Juste les regarder et comprendre leur système.
Les enfants, tout naturellement, observent les fourmis. Tous en ont fait courir une sur leur doigt. Mais quand on devient adulte, on se crée une sorte de tunnel. On cherche à être rentable, on ne va pas vers l'inconnu. Notre éducation nous pousse à aller tout droit dans le tunnel d'un futur idéal blindé de certitudes qui empêchent de voir le monde. Il fait bien sombre dans les tunnels.
J'ai commencé à rédiger l'Encyclopédie à l'âge de 14 ans. C'était un gigantesque fourre-tout dans lequel je jetais tout ce qui me plaisait.
Plus tard, je devins journaliste scientifique dans un hebdomadaire parisien et je rencontrai les plus grands chercheurs mondiaux. Dès lors, l'Encyclopédie s'enrichit encore d'informations parfois exclusives.
Par la suite, quand j'ai commencé à écrire Les Fourmis, à l'âge de 16 ans (j'ai mis 12 ans à l'écrire, je l'ai remanié 140 fois, la plus longue version faisait 1 100 pages), je me suis servi de l'Encyclopédie pour ouvrir le roman sur toutes les sciences. Ainsi l'intrigue était construite sur trois supports: le roman fourmi, le roman humain et toutes sortes de petites informations qui éclairent les deux récits. Après la publication des deux romans Les Fourmis et Le Jour des fourmis, j'ai fait la connaissance de Guillaume Aretos et c'est alors que se mit en place une version isolée de l'Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu. Guillaume a le goût des structures et des messages cachés. Fanatique de Léonard de Vinci, il a su dessiner tout ce que ce dernier n'avait pu réaliser. Guillaume change de style, de technique ou de thème comme s'il y avait en lui une vingtaine de personnalités.
