Elle porta la main à la gorge, et un sanglot étrangla sa phrase.


«La date? demanda Holmes, en ouvrant son carnet.


– Il disparut le 3 décembre 1878, voici presque dix ans.


– Ses bagages?


– Étaient restés à l’hôtel. Mais ils ne contenaient aucun indice; des vêtements, des livres, et un grand nombre de curiosités des îles Andaman. Il avait été officier de la garnison en charge des criminels relégués là-bas.


– Avait-il quelque ami en ville?


– Un seul, que je sache: le major Sholto, du même régiment, le 34e d’infanterie de Bombay. Le major avait pris sa retraite un peu auparavant et il vivait à Upper Norwood. Nous l’avons joint, bien entendu; mais il ignorait même que son ami était en Angleterre.


– Singulière affaire! remarqua Holmes.


– Je ne vous ai pas encore raconté la partie la plus déroutante. Il y a six ans, le 4 mai 1882, pour être exacte, une annonce parut dans le Times, demandant l’adresse de Mlle Mary Morstan et déclarant qu’elle aurait avantage à se faire connaître. Il n’y avait ni nom, ni adresse. Je venais d’entrer, alors, comme gouvernante dans la famille de Mme Cecil Forrester. Sur les conseils de cette dame, je fis publier mon adresse dans les annonces. Le même jour, je recevais par la poste un petit écrin en carton contenant une très grosse perle du plus bel orient; rien d’autre. Depuis ce jour, j’ai reçu chaque année à la même date, un colis contenant une perle semblable, et sans aucune indication de l’expéditeur. J’ai consulté un expert: ces perles sont d’une espèce rare, et d’une valeur considérable. Jugez vous-même si elles sont belles!»


Elle ouvrit une boîte plate, et nous présenta six perles: les plus pures que j’aie jamais vues.


«Votre récit est très intéressant, dit Sherlock Holmes. Y a-t-il eu autre chose?



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