Les piqueurs partirent en avant.


Le roi monta à cheval. Il suivit pendant quelques minutes la voiture de la reine et de Madame en se tenant à la portière.


Le temps s’était à peu près éclairci; cependant une espèce de voile poussiéreux, semblable à une gaze salie, s’étendait sur toute la surface du ciel; le soleil faisait reluire des atomes micacés dans le périple de ses rayons.


La chaleur était étouffante.


Mais, comme le roi ne paraissait pas faire attention à l’état du ciel, nul ne parut s’en inquiéter, et la promenade, selon l’ordre qui en avait été donné par la reine, fut dirigée vers Apremont.


La troupe des courtisans était bruyante et joyeuse, on voyait que chacun tendait à oublier et à faire oublier aux autres les aigres discussions de la veille.


Madame, surtout, était charmante.


En effet, Madame voyait le roi à sa portière, et, comme elle ne supposait pas qu’il fût là pour la reine, elle espérait que son prince lui était revenu.


Mais, au bout d’un quart de lieue à peu près fait sur la route, le roi, après un gracieux sourire, salua et tourna bride, laissant filer le carrosse de la reine, puis celui des premières dames d’honneur, puis tous les autres successivement qui, le voyant s’arrêter, voulaient s’arrêter à leur tour.


Mais le roi leur faisait signe de la main qu’ils eussent à continuer leur chemin.


Lorsque passa le carrosse de La Vallière, le roi s’en approcha.


Le roi salua les dames et se disposait à suivre le carrosse des filles d’honneur de la reine comme il avait suivi celui de Madame, lorsque la file des carrosses s’arrêta tout à coup.


Sans doute la reine, inquiète de l’éloignement du roi, venait de donner l’ordre d’accomplir cette évolution.


On se rappelle que la direction de la promenade lui avait été accordée.


Le roi lui fit demander quel était son désir en arrêtant les voitures.



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