– Préoccupé, moi? mon cœur préoccupé? Mon esprit, peut-être; mais quant à mon cœur… il était…


Louis s’aperçut, cette fois encore, que pour couvrir un vide, il en allait découvrir un autre.


– Au reste, ajouta-t-il, je n’ai rien à reprocher à cette enfant. Je savais qu’elle en aimait un autre.


– Le vicomte de Bragelonne, oui. J’en avais prévenu Votre Majesté.


– Sans doute. Mais tu n’étais pas le premier. Le comte de La Fère m’avait demandé la main de Mlle de La Vallière pour son fils. Eh bien! à son retour d’Angleterre, je les marierai puisqu’ils s’aiment.


– En vérité, je reconnais là toute la générosité du roi.


– Tiens, Saint-Aignan, crois-moi, ne nous occupons plus de ces sortes de choses, dit Louis.


– Oui, digérons l’affront, Sire, dit le courtisan résigné.


– Au reste, ce sera chose facile, fit le roi en modulant un soupir.


– Et pour commencer, moi… dit Saint-Aignan.


– Eh bien?


– Eh bien! je vais faire quelque bonne épigramme sur le trio. J’appellerai cela: Naïade et Dryade; cela fera plaisir à Madame.


– Fais, Saint-Aignan, fais, murmura le roi. Tu me liras tes vers, cela me distraira. Ah! n’importe, n’importe, Saint-Aignan, ajouta le roi comme un homme qui respire avec peine, le coup demande une force surhumaine pour être dignement soutenu.


Et, comme le roi achevait ainsi en se donnant les airs de la plus angélique patience, un des valets de service vint gratter à la porte de la chambre.


De Saint-Aignan s’écarta par respect.


– Entrez, fit le roi.


Le valet entrebâilla la porte.


– Que veut-on? demanda Louis.


Le valet montra une lettre pliée en forme de triangle.


– Pour Sa Majesté, dit-il.


– De quelle part?



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