
— Ça ne te regarde pas. Je ne sais pas encore moi-même. lime faut une vraie cervelle scientifique, assez mûre, autant que possible, pour avoir la tête débarrassée de toute idée futile!..»
Georges se disposait à répondre lorsque se produisit la première secousse électrique due à l'accident du réservoir 17. Georges tomba dans son fauteuil et leva vivement les jambes pour éviter le contact du plancher qui transmettait de nouvelles secousses. Son père n'avait pas bronché.
«Écervelé! lui cria-t-il, tu n'as pas tes semelles isolatrices et tu évolues comme cela dans une maison où l'électricité court partout dans un réseau de fils entre-croisés et circule comme le sang dans les veines d'un homme!.. Mets-les donc et fais attention. C'est une fuite qui vient de se produire quelque part, et l'on ne sait pas jusqu'où peuvent aller les accidents… Allons, je n'ai pas le temps, jeté laisse; d'ailleurs, voilà nos communications embrouillées…»
En effet, l'image très nette dans la plaque du Télé s'affaiblissait soudain, ses contours se perdaient clans le vague, et bientôt ce ne fut plus qu'une série de taches tremblotantes et confuses.

GEORGES LORMS, LIEUTENANT DANS l'aHTILLEME CHIMIQUE.

CUUHSES D AEROFLECHES.
II
Le courant fou. — Le désastre de VAéronaulic-Club de Touraiue. — Où l'on fait lélé-plionoscopiquement connaissance avec la famille Lacombe, des Phares alpins.La tournade était dans son plein; les accidents causés par la terrible puissance du courant fou, par ces effroyables forces naturelles emmagasinées, concentrées et mesurées par l'homme, échappées soudain à sa main directrice, libres maintenant de tout frein, se multipliaient sur une région représentant à peu près le cinquième de l'Europe. Depuis une heure, toutes les communications électriques se trouvant coupées, on peut juger delà perturbation apportée à la marche du monde et aux affaires. La circu-
