
— Entendu monsieur le commissaire. J’accepte le marché.
Baley se leva à moitié, mais quelque chose dans la physionomie d’Enderby lui montra que tout n’était pas dit.
— Y a-t-il d’autres conditions ? demanda-t-il en se rasseyant.
— Oui, fit Enderby en baissant lentement la tête. Il s’agit du nom de votre associé.
— Oh ! peu importe ! dit Baley. Que ce soit Pierre, Jacques, ou Paul…
— C’est-à-dire… murmura le commissaire. Enfin… les Spaciens font… ils ont de drôles d’idées, Lije. En fait, l’associé qu’ils vous destinent n’est pas… n’est pas…
Baley écarquilla les yeux et s’écria :
— Un instant, je vous prie !… Vous ne prétendez pas ?…
— Si, Lije !… C’est bien ça !… Il le faut, Lije !… Il le faut absolument !… Il n’y a pas d’autre moyen de nous en tirer !…
— Et vous avez la prétention que je mette dans mon appartement un,… une chose pareille ?
— Je vous le demande, comme à un ami, Lije.
— Non !… Non !
— Ecoutez-moi, Lije. Vous savez bien que, pour une affaire pareille, je ne peux faire confiance à personne. Ai-je besoin d’entrer dans tous les détails ? Nous sommes absolument contraints de travailler, la main dans la main, avec les Spaciens, dans cette enquête. Il faut que nous réussissions, si nous voulons empêcher les flottes aériennes des Mondes Extérieurs de venir réclamer au Monde Terrestre de nouvelles indemnités. Mais nous ne pouvons réussir par le seul jeu de nos vieilles méthodes. On va donc vous associer à un de leurs R. Si c’est lui qui trouve la solution de l’énigme, nous sommes fichus – j’entends : nous, services de police. Vous comprenez ce que je veux dire, n’est-ce pas ? Vous voyez donc combien votre tâche va être délicate : il faut que vous travailliez avec lui, en plein accord, mais que vous veilliez à ce que ce soit vous et non lui qui trouviez la solution du problème qui vous est posé. Est-ce bien clair ?
