— Quoi ?

— À ton avis, ce qu’on voit tout en bas… C’est une inscription ou pas ? »

Les yeux plissés, il s’est longuement livré à un ultime examen de l’obélisque. « Ça en a bien l’air, a-t-il répondu en prenant une dernière photo. Mais pas en anglais. Et on ne s’approche pas plus, même pour mieux la voir. »

Nous étions déjà restés trop longtemps.


Voici ce que j’ai appris plus tard – bien plus tard – de Janice.

À quinze heures, les médias de Bangkok ont obtenu d’un touriste américain une vidéo du monument. À seize heures, la moitié des gens qui se doraient la pilule sur les plages de la province de Chumphon avait pris la route pour assister en personne au phénomène, et se voyait refoulée en masse aux barrages routiers. On a averti les ambassades et la presse internationale a commencé à manifester de l’intérêt.

Janice se trouvait à la clinique avec Kaitlin qui, à ce moment-là, hurlait de douleur malgré les analgésiques et les antiviraux de Docteur Dexter. Après réexamen, celui-ci a informé Janice que notre fille souffrait d’une infection auriculaire bactérienne en nécrose rapide qu’elle avait dû attraper à la plage. Cela faisait d’ailleurs presque un mois qu’il signalait une forte concentration d’e. coli et d’une douzaine d’autres microbes sans obtenir la moindre réaction des responsables de la santé publique, sur qui les exploitations piscicoles C-Pro faisaient sans doute pression de peur de perdre leur licence d’exportation.

Il lui a administré une dose massive de fluoroquinolones et a contacté notre ambassade à Bangkok, qui a dépêché un hélicoptère sanitaire et réservé un lit pour Kait à l’hôpital américain.



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