Isaac Asimov

Les courants de l’espace

PROLOGUE

UN AN AVANT

L’homme venu de la Terre prit une décision. Elle avait mis longtemps naître et mourir mais, maintenant, elle était arrêtée.

Depuis des semaines, l’homme n’avait pas senti le contact réconfortant du pont de son navire sous ses pieds, ni la fraîche et noire enveloppe de l’espace alentour. Initialement, il avait eu l’intention de faire une brève apparition au siège local du Bureau Interstellaire de Spatio-Analyse pour présenter son rapport et de reprendre en hâte le chemin du cosmos. Or, il était toujours retenu.

C’était presque comme une prison.

Il termina sa tasse de thé et dévisagea l’homme assis en face de lui.

— Je ne resterai pas plus longtemps, dit-il.

Le second homme prit une décision. Elle avait mis longtemps naître et mourir mais, maintenant, elle était arrêtée. Il aurait besoin de temps, de beaucoup plus de temps. Les premières lettres étaient demeurées sans réponse. Pour le résultat qu’elles avaient obtenu, elles auraient aussi bien pu tomber dans le brasier d’une étoile !

Il n’avait pas espéré davantage ou, plutôt, il n’en avait pas espéré moins. Mais ce n’était qu’un premier pas.

Une chose était sûre : il était impossible de laisser l’homme venu de la Terre disparaître et se mettre hors d’atteinte lorsque interviendraient les développements ultérieurs. Il caressa le cylindre noir et lisse au fond de sa poche.

— Vous ne vous rendez pas compte de la délicatesse du problème, dit-il.

— Je ne vois pas en quoi la destruction d’une planète est quelque chose de délicat, répondit le Terrien. Je veux que vous, portiez les détails la connaissance de Sark, de tous les habitants de la planète.

— C’est impossible. Vous savez bien que ce serait la panique.



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