
… parce que
Vous pourriez faire une suite ! On ne demande queça ! On est des milliers, que dis-je, des centaines de milliers àattendre ! Quel succès vous avez connu avec ce livre-là ! Comments’appelait-il déjà ? Une très belle reine, non ? Non… Commentvous dites ? Ah oui ! Une si humble reine, je ne l’ai pas lu,je n’ai pas eu le temps, vous savez, avec le ménage, le repassage et lesenfants, mais ma belle-sœur a adoré et elle a promis qu’elle me le passeraitdès qu’elle l’aurait récupéré parce qu’elle l’a prêté à une amie… C’est cher,les livres. Tout le monde n’a pas la chance de… Alors, madame Cortès,allez-y, une petite suite… Ça vous vient naturellement à vous… Moi, si j’avaisle temps, pour sûr, j’écrirais… tiens ! je vous raconterais bienl’histoire de ma vie pour vous donner des idées ! Vous vous embêteriezpas, je vous jure !
Les bras se croisaient, satisfaits, sur la poitrine. L’œilluisait, le cou se tendait, les yeux se plissaient… Le masque d’une charitésimiesque. Si convenable. Elle devait se dire je fais ma BA, je la remets dans la vie, cette pauvreMme Cortès, je l’exhorte, je l’exhorte. Si elle s’en sort, ce sera grâce àmoi…
Joséphine souriait. Poliment.
