
Des rafales de questions pour secouer la torpeur douloureusede Joséphine et chasser la seule question qui la hantait…
Pourquoi ?
Pourquoi est-elle allée se jeter dans la gueule de cet homme-là ?De ce fou qui assassinait de sang-froid, persécutait femme et enfants et l’aréduite en esclavage avant de lui transpercer le cœur ?
Ma sœur, ma grande sœur, mon idole, ma beauté, mon amour, maplus que belle, ma plus que brillante, ton sang qui bat dans mes tempes, quibat sous ma peau…
Pourquoi, suppliait Joséphine, pourquoi ?
… parce que
répondait une voix qu’elle ne connaissait pas.
… parce que
Parce qu’elle avait cru trouver le bonheur dans cemarché-là. Elle s’offrait sans calcul, sans rien garder dans sa poche, et illui promettait tout le bonheur du monde. Elle y avait cru. Elle était morteheureuse, si heureuse…
Comme elle ne l’avait jamais été auparavant.
Pourquoi ?
Elle ne s’en sortait pas de ce mot-là qui enfonçait toujoursle même clou dans sa tête, enfonçait d’autres clous brûlants de questions,érigeait de hautes parois contre lesquelles elle se heurtait.
Et pourquoi moi, je suis vivante ?
Parce que je suis vivante, il paraît…
Shirley ne renonçait pas. Elle lançait ses bras et son cœurpar-delà la Tamise, par-delà la Manche et grognait :
— Tu m’écoutes pas… J’entends bien que tu m’écoutespas…
